A lire : 30 idées reçues sur l’emploi et les métiers

A lire : 30 idées reçues sur l’emploi et les métiers

Dans la lignée des forts instructifs « hors série » du magazine Alternatives économiques, ce nouvel opus, réalisé en partenariat avec le Céreq et l’Onisep, s’attaque aux plus répandus des stéréotypes véhiculés à propos de l’emploi et du marché du travail.

Un exemple ? L’idée selon laquelle, en France, un jeune sur quatre serait au chômage (idée reçue n° 18). Un chiffre apocalyptique à coup sûr, mais qui résulte de l’application aux jeunes du même mode de calcul du taux de chômage que pour les adultes. Or, si parmi les jeunes actifs de 15 à 24 ans, 24 % sont effectivement au chômage, le taux d’activité de cette tranche d’âge n’a rien de comparable avec celui des adultes puisque, notamment en France, la grande masse des jeunes de cet âge poursuivent des études à plein temps. Aussi, afin de permettre les comparaisons internationales, il convient de substituer au taux de chômage des jeunes l’indicateur « part des jeunes au chômage », qui place alors la France dans une position comparable à celle de ses voisins européens. Qui plus est, ces « jeunes actifs » sont, au sein de leur classe d’âge, ceux qui ont interrompu leurs formation initiale plus tôt que les autres et que leur moindre qualification expose davantage aux difficultés sur le marché du travail.

Mais est-ce si grave, puisque les massifs départs en retraite des baby-boomers vont permettre la résorption du chômage (idée reçue n° 30) ? Pas si sûr cependant, car l’effet mécanique de cette baisse de la population active ne saurait, compte tenu des mutations de l’appareil productif, se traduire par des substitutions « poste à poste » : les emplois « libérés » par ces nouveaux retraités ne sont pas nécessairement pérennes, et des effets de substitution peuvent contrarier l’effet de masse de la démographie.

Dévalorisation des diplômes, mixité croissante des emplois, métiers de demain… au fil des pages, on revisite avec clarté un certain nombre de notion souvent trop galvaudées. On sourit, aussi, aux croquis caustiques de G. Mathieu.

Un ouvrage utile donc, pour décrypter certaines idées qui parfois tendent à s’imposer à nous avec la force trop tranquille de l’évidence.

Emmanuel Sulzer

 

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Merci pour cette information utile en période d'orientation post-bac !

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